Discours du Maire lors de la cérémonie du 8 Mai 2017

Publié le par Unis pour Courpière

« L’an dernier, dans le lourd contexte terroriste, je vous avais parlé des Justes d’Auvergne qui durant la seconde guerre mondiale ont hébergé des enfants juifs au péril de leur vie.

Cette année, les archives départementales du Puy-de-Dôme tentent de collecter tous les documents et témoignages possibles les concernant, pour faire reconnaître plus que les 200 Justes qui ont reçu ce titre grâce au recueil de deux témoignages.

Malheureusement, il s’avère que la plupart des acteurs de l’époque sont décédés.

Toujours est-il que parmi les 200 « Justes parmi les Nations » authentifiés, il y a trois Courpiérois : il faut préserver la mémoire de leur engagement, et expliquer à la jeunesse ce qui s’est passé dans leur commune pendant ces années de plomb de la guerre de 39-45, cela peut aussi contribuer à éclairer l’actualité !

Il s’agit d’Albert ROZIER et Marie-Louise LAPORTE, épouse ROZIER.

Ce sont deux enseignants nommés en 1927 à la tête du cours complémentaire et du collège public de garçons de Courpière.

Pendant la seconde guerre mondiale, ils y hébergent, et sauvent des griffes des nazis, plusieurs enfants juifs : Michel et Maurice ADLER, Jacques DANCYGER et Jules KOZLOWSKI.

Il s’agit aussi d’Antonius DELAIRE :

En 1942, la chasse aux Juifs s’accélère, les risques de déportation augmentent, et la direction des Eclaireurs de France décide de cacher Kurt NIEDERMAIER à l’internat de l’Institution Saint-Pierre de Courpière, sous le faux nom de Henri KURTZ.

Il est accueilli en 1942 dans la plus grande discrétion, par le père supérieur qui dirige l’ISP depuis 1939 : Antonius DELAIRE.

Kurt NIEDERMAIER y restera jusqu’en 1944, date où il décide de rejoindre la Résistance intérieure française.

Deux autres juifs ont été sauvés par Antonius DELAIRE, ce sont deux frères :

Maurice et Joseph JOUAS.

Ce sont donc, au total, sept enfants juifs cachés parmi les pensionnaires des établissements scolaires de Courpière, qui ont été sauvés pendant la seconde guerre mondiale.

Leurs enseignants et chefs d’établissements ont fait là, un acte de Résistance au génocide nazi, geste qui aurait pu leur coûter la vie et ils le savaient !

Ce geste fait partie de l’Histoire de notre pays et de notre Commune, il doit être transmis aux jeunes générations.

Une plaque apposée sur l’école Jean Zay en témoignera. Cette plaque rendra hommage à ces trois personnes en donnant du sens à leur titre honorifique de « Juste ».

A la fin de notre cérémonie traditionnelle, devant le monument aux morts, je vous propose de nous rendre en cortège à l’école Jean Zay, pour dévoiler cette plaque, et pour nous réunir ensuite dans le hall de l’espace Coubertin, afin d’y partager un moment de convivialité ».

Publié dans Mandat Ch. Samson

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