RESTAURATION DES REMPARTS du Parc LASDONNAS à COURPIERE :

Publié le par Unis pour Courpière

Communication de Pascal Parmentier, Architecte du Patrimoine, en charge de ce dossier.

« Tous les Courpièrois et Courpièroises qui s’intéressent quelque peu à la restauration des remparts du Parc Lasdonnas à Courpière ont pu prendre connaissance de l’avancement du chantier, qui sera libéré au public le 8 juin.

Chaque Courpièrois a pu prendre connaissance des finitions de l’ouvrage, qui vous interpellent, et entrainent un questionnement auprès de vos élus.

Des réponses s’imposent :

En premier lieu, je tiens à préciser, en qualité d’Architecte du Patrimoine, que la Municipalité de Courpière n’est pas responsable de cet état de finition.

La projection visuelle et mentale du bâti ancien et monuments historiques, particulièrement les fortifications médiévales, que nous nous faisons depuis des décennies, sont des visions utopiques de maçonneries de moellons à nus simplement rejointoyées.

(Moellons : pierres de maçonneries non équarries).

Il est de notre responsabilité de démystifier ces propos.

Au Moyen Age, les constructions étaient enduites pour diverses raisons, constructions à pans de bois et torchis, constructions en terre, (pisé, adobe), maçonneries de pierres.

L’enduit constitue l’épiderme des maçonneries hourdées au mortier de chaux, parfois même à la terre crue comportant des fibres végétales ou animales comme liants. Ces matériaux sont excessivement sensibles à l’eau, qui au long terme, lessive les fines des mortiers internes par infiltration au cœur des murs. Le lessivage entraine une désorganisation des maçonneries, jusqu’à rupture de l’ouvrage, fissures, effondrement.

Je fais souvent l’analogie entre l’architecture et les pathologies rencontrées sur le bâti ancien, et, la médecine : imaginons un instant le corps humain dépourvu de son épiderme, qu’adviendrait-il de notre corps « écorché » soumis aux UV, intempéries, pluie, gel, froid, chaleur; il suffit de ce référer aux grands brulés qui nécessitent des greffes de peaux en régénération de leur épiderme.

Le bâti ancien se doit d’avoir les mêmes attentions.

D’autre part, des interventions réalisées sur d’autres édifices de même nature et que les fortifications de ville d’Ainay le Château permettent d’appuyer ce discours. La tour Nord, n’ayant pas fait l’objet d’intervention humaine depuis l’abandon du site en tant que fortifications, conserve de larges traces d’enduits dont les analyses datent les mortiers de l’époque médiévale.

Une ancienne poterne, mise à jour lors des travaux, donc conservée en l’état depuis des générations, conservait également des enduits anciens dont les analyses ont confirmé leur mise en œuvre à l’époque médiévale, et ont dirigé notre méthodologie de restauration.

C’est en concertation sur avis conforme de l’Architecte des Bâtiments de France et la DRAC Auvergne que la décision de restituer le parement par un enduit à pierres peu vues a été retenu, dont les échantillons présentés par l’entreprise Comte ont été validés par l’ABF. »

Publié dans Mandat Ch. Samson

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