DISCOURS DE MADAME LE MAIRE DU 8 MAI 2015

Publié le par Unis pour Courpière

Pour débuter, je tiens à vous lire un texte du Résistant italien PRIMO LEVI qui éclaire l’actualité :

« Tous, nous devons savoir que lorsque Hitler ou Mussolini parlaient en public, ils étaient crus, applaudis, admirés. Les idées qu’ils proclamaient étaient, en général, aberrantes, stupides, cruelles et pourtant ils furent acclamés et suivis jusqu’à leur mort par des milliers de fidèles.

Ces fidèles n’étaient pas des bourreaux, mais des hommes quelconques, ordinaires, prêts à croire, et à obéir, sans discuter.

Il faut donc se méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voix que celles de la raison.

Dans la haine nazie, il n’y a rien de rationnel. Nous ne pouvons pas la comprendre, mais nous devons comprendre d’où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes.

Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer ».

Aujourd’hui, notre cérémonie prend de l’ampleur à cause des nouvelles barbaries qui apparaissent dans notre monde contemporain, et parce que le 8 Mai 2015 est le 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme c’est-à-dire de la victoire de la démocratie et des droits de l’homme.

A cette occasion, je repense à tous ces élèves de 3ème qui ont participé au concours national de la Résistance et de la Déportation au Collège Bellime où j’enseignais l’Histoire.

Je ne peux pas les citer tous ! Je repense en particulier à Marie CHEVALERIAS et Hélène SANDER qui ont concouru en 2006 sur un thème magnifique : « Résistance et monde rural ».

Leur dossier était bien documenté, comportait des recherches personnelles, et des interviewes locales.

Il a remporté le 1er prix départemental : un voyage à Oradour sur Glane, village martyr, et au Mont Mouchet, haut-lieu de la Résistance en Auvergne.

Je repense aussi à tous ces Résistants qui sont venus tous les ans dans les établissements scolaires pour dire leur vécu de cette guerre et les raisons de leur engagement dans la Résistance : en particulier, Maria BELICAT, René DUMONT, Jean BRUNEL, Marius GARDETTE et Annet ACHARD qui vient de nous quitter.

Ils me disaient tous : « nous témoignons parce qu’il faut que les jeunes sachent qui étaient les nazis, et qu’ils sachent que des hommes et des femmes ont donné une partie de leur jeunesse, et parfois leur vie, pour nous permettre de vivre dans un pays démocratique, laïc et républicain ». Merci à eux !

Après 70 ans, il est inadmissible que les crimes avérés des nazis soient encore ignorés ou même contestés !

Plus que jamais, en ces temps d’incertitude et de nouvelles barbaries, je vous invite à vous garder des idées qui furent le fondement du nazisme.

Avant la disparition des derniers survivants, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer pour sauvegarder la mémoire de ces crimes afin de s’en prémunir pour longtemps.

Ces Résistants locaux dont je viens de vous parler, ces héros, avaient aussi à cœur la construction d’un mémorial de la Résistance en Livradois-Forez. Celui-ci sera bientôt achevé sur la côte de Piboulet, avec le projet de la 3ème « porte » qui est en cours de financement.

La Ville de Courpière, avec ses petits moyens, vient de décider en Conseil Municipal, sans l’approbation de l’opposition et je le déplore, de verser 300 € pour apporter sa pierre à l’édifice que les Résistants ont nommé : « le rempart contre l’oubli ».

Mais, au-delà des monuments, le meilleur rempart contre l’oubli ce sont les vivants de toutes générations qui se mobilisent partout en France et dans le monde comme vous, aujourd’hui, pour cette cérémonie. Je vous en remercie.

Publié dans Mandat Ch. Samson

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